1)Intérêt de l'hygiène:
-l'hygiène est très stricte en milieu hospitalier et le secouriste se doit de prendre les mêmes précautions.
-réapparition de certaines maladies (tuberculose par ex.) , vieillissement de la population , maladies entraînant une diminution des systèmes de défense de l'organisme (SIDA)
-flux de population (immigration) donc maladies peu courantes en France et potentiellement contagieuses.
-la découverte des micro-organismes est due à Pasteur entre 1865 et 1885,les premiers antiseptiques datent du début du siècle et ont été utilisés en chirurgie, et le premier antibiotique (la pénicilline) ne date que de 1928.
-L'apparition de germes de plus en plus résistants aux antibiotiques impose des mesures d'hygiène à tous les niveaux de la structure de soins.
2)Désinfection du matériel de secourisme:
-Matériel: ASM, poste de secours, Ambu, masques, matelas coquille, attelles, et....les mains du secouriste.
-nettoyage et désinfection à chaque évacuation: à effectuer aux Urgences
-matelas coquille: asperger de Dakin des deux cotés et essuyer avec un essuie-tout
-masques d'Ambu, colliers cervicaux, attelles gonflables seront lavés à l'eau savonneuse, rincés, puis désinfectés à l'aide d'un essuie-tout imbibé d'alcool à 70°.
-le ballon d'Ambu sera simplement désinfecté à l'aide d'un autre essuie-tout imbibé d'alcool à 70°
-le plan de t ravail sera nettoyé avec un détergent désinfectant de type Surfanios, ainsi que le lavabo.
-Ces opérations ne sont qu'un pis aller en attendant un retour à la base pour une véritable désinfection dont voici le protocole recommandé:
Le produit conseillé s'appelle "Ampholysine Plus" et possède en plus de ses qualités détergentes une très bonne activité bactéricide, virucide et fongicide (champignons);
il est évident que ce n'est pas le seul produit sur le marché et que tout autre produit possédant des qualités identiques est parfaitement valable.
Utilisation: Mettre des gants, diluer un sachet du produit dans 5 litres d'eau, et répartir ces 5 litres de façon inégale dans deux récipients (2litres et 3 litres par exemple).
Le plus petit récipient servira à remplir un flacon pulvérisateur et servira à tremper un essuie tout pour le premier nettoyage.
Le ballon d'Ambu et le petit matériel (AMS 12, Oxygène,...) seront simplement pulvérisés et essuyés à l'aide d'un chiffon sec. Le reste sera frotté avec un chiffon imprégné de produit puis rincé à l'eau claire.
Le deuxième nettoyage consistera à immerger le petit matériel dans le plus grand récipient pendant 15 minutes puis à le rincer à l'eau claire avant un séchage complet.
Le matériel ainsi nettoyé et désinfecté pourra alors reprendre sa place dans le poste de secours ou l'ASM.
L'ensemble plan de travail et lavabo sera nettoyé au Surfanios.
3)Port des gants
Le port des gants est obligatoire pour les opérations de nettoyage car la plupart des produits utilisés, pour être efficaces sont très agressifs avec les tissus biologiques et en particulier les mains.
Pour les soins, les gants servent à la fois à se protéger et à protéger la victime; ils ne dispensent pas de se laver les mains mais doivent être mis au dernier moment de façon à ne pas apporter de germes nouveaux sur une plaie.
Toutes ces mesures peuvent paraître astreignantes mais sont de plus en plus indispensables si on ne veut pas que les équipes qui travaillent en pré hospitalier ne deviennent le point faible du système de soin en terme d'infections.
4)Désinfection des plaies
La désinfection des plaies fait appel à des substances appelées antiseptiques qui ont pour effet de stopper la multiplication des bactéries virus ou champignons et de les détruire dans la mesure du possible ; chaque antiseptique va avoir un effet maximum à une concentration, une température, un pH, et à une durée d'application donnée.
Voyons quels sont les antiseptiques les plus couramment utilisés qui sont à notre disposition:
a)les oxydants:
-chlorés: solution de Dakin, utilisé pour l'antisepsie des plaies de la peau et des muqueuses;
ne pas utiliser après du savon (inactivé),à conserver fermé (le chlore s'évapore)
-iodés: Bétadine: très efficace sur tous les germes, utilisée sur les plaies pure ou diluée
ATTENTION: Ne pas utiliser chez les sujets allergiques à l'iode (toujours le demander, sinon risque de choc mortel),ni chez les enfants de moins de 30 mois.
Ne jamais mélanger avec un dérivé mercuriel (Mercryl, Merfène) car risque de brûlure grave.
-l'eau oxygénée: utilisée à la concentration de 10 volumes, efficace si risque de tétanos (plaie
souillée de terre), se périme très vite.
b)les dérivés métalliques:
-mercuriels: Mercryl Laurylé, Merfène, Mercurochrome: peu actifs sur les virus
ATTENTION: Ne jamais les associer aux dérivés iodés.
c)les alcools:
-l'alcool éthylique: le plus couramment utilisé, son efficacité est maximum à une concentration de 70°. Il est inefficace sur les virus de l'hépatite mais efficace sur le virus du SIDA;
surtout utilisé comme antisepsie de la peau avant injection (ne pas appliquer sur une plaie)
d)les ammoniums quaternaires:
-chlorure de benzalkonium: Céquartyl, Cétavlon; ce sont des produits ayant une activité émulsifiante et solubilisante; utilisés dans l'antisepsie des plaies et brûlures, le nettoyage des plaies souillées de graisse; toujours les utiliser seuls.
e)les autres...
Beaucoup d'autres types d'antiseptiques existent mais ils ne présentent que peu d'intéret dans la pratique du secourisme et relèvent plutôt d'une utilisation médicale.
L'utilisation des antiseptiques ne peut être efficace que sur une plaie propre, et il convient avant toute application de l'un de ces produits de nettoyer correctement la plaie avec de l'eau savonneuse ou des ampoules de sérum physiologique sous peine de réduire à néant l'effet des antiseptiques. Des substances biologiques comme le pus les inactivent totalement.
Conclusion:
Les règles d'asepsie et d'hygiène s'imposent de plus en plus pour diverses raisons et le secouriste se doit, au même titre que l'infirmière, de respecter ces règles pour ne pas annihiler les efforts faits au sein de l'hôpital en matière de combat contre les infections. Ces infections dues au personnel soignant représentent un coût énorme pour notre économie de la santé, et les équipes secouristes par l'utilisation de matériel parfaitement entretenu et la bonne connaissance des antiseptiques peuvent sensiblement réduire ce coût.