Le matériel de l'ambulance de réanimation

Aide à la médicalisation




Introduction

L'intervention où les secouristes sont obligés de faire appel à une équipe de SMUR reste rare au vu du nombre d'interventions totales effectuées. Néanmoins, depuis quelques dizaines d'années, en France, la médecine pré-hospitalière se développe, avec pour principe que l'urgence n'est plus de conduire la victime à l'hôpital, mais est de lui amener sur les lieux de la détresse un médecin avec une équipe mobile de réanimation. C'est ainsi que ce sont développés les premiers SAMU disposant d'équipes de SMUR avec un matériel de plus en plus sophistiqué, tendant à se rapprocher de celui utilisé en réanimation hospitalière. C'est le principe de la médecine "au pied de l'arbre". Nous passerons donc en revue le matériel trouvé dans la plupart des SMUR, que celui-ci soit transporté dans un VL (Véhicule Léger) ou dans une UMH (Unité Mobile Hospitalière). L'avantage de l' UMH est son autonomie totale que ce soit pour le traitement ou le transport des victimes, tandis que l'équipe de SMUR se déplaçant en VL a besoin d'une ambulance de premiers-secours pour le transport du patient. Les SAMU de la petite couronne parisienne privilégient l'emploi des UMH, tandis que le reste de la France fonctionne essentiellement avec des équipes en VL médicalisant les VSAB (Véhicule de Secours aux Asphyxiés et Blessés) des Sapeurs Pompiers.

Le SMUR pris comme exemple dans cette description est celui de l'hôpital général de Lagny Marne la Vallée, situé en Seine et Marne, et couvrant un important secteur semi-rural. Le nombre d'interventions assurées par jour et par équipe de SMUR est en moyenne de 6. Ce SMUR dispose de 2 équipes 24h/24h et d'une équipe supplémentaire de 9h à 21h.

Le matériel est identique pour toutes les équipes, que ce soit dans les VL ou les UMH.
Le SMUR de Lagny dispose de 2 UMH et 5 VL.

Voyons en détail le matériel utilisé et sa finalité.

1. Le sac d'examen

Le sac d'examen fait partie du matériel systématiquement pris par le médecin depuis le début de l'intervention jusqu'à l'hôpital. Il comporte tensiomètre, stéthoscope, marteau à réflexes, Ambu, masques, compresses, alcool, Bétadine, boite à aiguilles usagées, appareil à glycémie capillaire, gants, etc... C'est dans ce sac que se trouve le nécessaire pour effectuer le premier examen de la victime; il est d'ailleurs très proche par sa composition de celui dont disposent les secouristes.

2. Le cardioscope-défibrillateur avec cardiographe

Cet appareil, appelé couramment "scope" est également systématiquement utilisé. Suivant les marques et les modèles, de très nombreuses options peuvent s'y greffer, formant ainsi un module de surveillance continue des fonctions vitales du patient avec de multiples paramètres. Sa fonction première est celle de suivre en permanence la fréquence et le rythme cardiaque, accompagnant ou non chaque pulsation d'un petit "bip". Cela nécessite au minimum de placer sur la poitrine du patient trois électrodes adhésives appelées "patch".

L'appareil permet en outre d'effectuer un électrocardiogramme complet du patient ce qui aide le médecin dans son diagnostic concernant toutes les pathologies cardiaques.

Le module appelé saturomètre apprécie la fonction respiratoire en mesurant par un capteur infrarouge le taux d'hémoglobine chargée en O2 par rapport à l'hémoglobine totale. Ce taux est exprimé en pourcentage, mais la mesure n'est pas fiable en cas d'intoxication au CO, l'appareil ne pouvant faire la différence entre l'oxygène et le monoxyde de carbone (CO).

Le module de défibrillation manuelle est toujours liée à la partie cardioscope; celui-ci permet au médecin d'administrer un choc électrique externe dont l'intensité est réglable, et ce en cas d'arrêt cardiaque par fibrillation ventriculaire ou de tachycardie ventriculaire mal supportée..

Différents autres modules peuvent être installés, notamment à la place du saturomètre: un module de mesure de la pression artérielle à intervalles réguliers, un module appelé entraînement trans-thoracique qui est une sorte de pacemaker externe stimulant le coeur à travers la cage thoracique. On peut également utiliser une sonde de température qui permet de suivre la température du patient, notamment en cas d'hypothermie ou d'hyperthermie.

L'utilisation de batteries rechargeables pour ces différents modules rend cet appareil entièrement autonome ce qui permet une utilisation en tous lieux.

3. La valise circulatoire adulte

Cette valise est également emmenée sur toutes les interventions; en effet elle contient différents solutés de perfusion, des tubulures, des cathéters veineux, des seringues, des aiguilles, un garrot et de nombreux médicaments permettant de faire face à la plupart des urgences médicales, ou de pratiquer une anesthésie générale.

4. La valise circulatoire adulte

Cette valise contient le nécessaire pour les détresses ventilatoires et n'est emmenée sur l'intervention qu'en fonction du motif de départ. On y trouve des canules de Guedel, un laryngoscope avec plusieurs lames.

Le laryngoscope est composé d'un manche et d'une lame courbe ou droite munie d'une ampoule permettant de visualiser la trachée afin de procéder à une intubation oro-trachéale. Pour cela, on dispose d'un jeu de sondes d'intubation de différentes tailles.

5. Le respirateur

Le respirateur, d'un modèle simple pour une utilisation en SMUR, sert à ventiler artificiellement les patients après intubation; les possibilités de réglage sont: la fréquence ventilatoire par minute, le débit ventilatoire par minute et le pourcentage d'oxygène dans l'air ventilé au patient soit 55 ou 100%. Cet appareil est bien évidemment relié à une bouteille d'oxygène et son fonctionnement est autonome grâce à la pression du gaz dans la bouteille. Seule une alarme de débranchement nécessite l'emploi d'une petite pile.

L'utilisation d'un filtre isole le patient de la machine pour un problème de contamination.

6. L'aspirateur de mucosités

Cet appareil bien connu des secouristes est utilisé dans le même but et ne sort de la VL que lorsque l'équipe SMUR est présente sur une intervention avant les premiers-secours.

7. Le pousse-seringue électrique

Appelé indifféremment Pousse-Seringue Electrique (PSE), Seringue Electrique (SE) ou Seringue Auto-Pousseuse (SAP), il s'agit comme son nom l'indique d'un appareil assurant un débit parfaitement régulier et réglable en vidant une seringue à vitesse constante dans une tubulure reliée à la perfusion du patient. Il faut diluer une ampoule de médicament dans une certaine quantité de sérum physiologique ou glucosé, en choisissant si possible une dilution facilitant les calculs:

exemple: ampoule de 3mg de médicament X diluée dans 30 ml de sérum physiologique;

pour obtenir un débit de 1mg/h on règle la seringue électrique à 10 ml/h,

si on souhaite passer ensuite à 2mg/h on règle à 20ml/h , etc...

Les seringues le plus souvent utilisées font 50ml et la vitesse est réglable de 0.1 à 99.9 ml/h grâce à un système de roues codeuses ou par un clavier électronique suivant les modèles.

8. La valise "réserve" et "antidotes"

Cette valise contient des médicaments déjà contenus dans la valise circulatoire mais dont on peut avoir besoin en quantité plus importante: c'est la partie "réserve".

Elle contient également un certain nombre d'antidotes, c'est à dire des médicaments qui annulent l'effet d'autres médicaments dans le cas d'intoxications.

9. Le pantalon anti choc (anti G)

Il s'agit d'un dispositif dans lequel on place les membres inférieurs et l'abdomen d'une personne en détresse circulatoire majeure. C'est un pantalon gonflable à l'aide d'une pompe à pied qui comprime extérieurement le patient et permet de récupérer, pour les organes vitaux, le sang situé dans les membres inférieurs.

La pression est réglable à l'aide de manomètres et la conpartimentation permet de moduler en fonction de lésions éventuelles (fractures par exemple).

10. La valise pédiatrique

Cette valise est un mélange des valises "circulatoire" et "ventilatoire", avec du matériel et des médicaments adaptés aux urgences pédiatriques.

11. Divers

En plus du matériel précédemment décrit, le coffre de la VL renferme un certain nombre de kits spécifiques: kit accouchement, kit thrombolyse, kit de drainage thoracique, kit intox au cyanure (fumées d'incendie). On trouve également un appareil à mesurer l'hématocrite (volume des globules rouges sur le volume total de sang), des caisses de solutés de perfusion en réserve, une tente pour conditionner une victime en cas d'intempérie, etc...

12. Matériel de transmission

Les véhicules du SMUR de Lagny sont tous équipés d'un double système radio, l'un sur la bande SAMU en 150 Mhz relayé pour communiquer avec les autres véhicules et le SAMU 77 situé à Melun, l'autre sur la bande des Sapeurs Pompiers en 85 Mhz. Cela peut permettre un éventuel radioguidage par les véhicules de premiers-secours en cas d'intervention dans un site peu accessible. Cela permet également au médecin de l'équipe SMUR d'entendre le bilan passé par les secouristes concernant l'intervention sur laquelle son équipe se rend, ou d'intercepter directement une demande d'équipe médicalisée, ce qui fait gagner parfois un temps précieux quand l'équipe est disponible à proximité.

Conclusion

L'exemple qui a été choisi est représentatif de la plupart des SMUR de France au niveau de l'équipement, l'utilisation d' UMH ou de VL étant laissée à l'appréciation de chacun.
 
 

Bouclette_rouge.gif (995 octets)RETOUR